Attention : ces cours sont des anciens cours. Si je partage ces cours, c'est seulement pour présenter des tentatives, dont j'ai bien conscience des limites, voire des défauts importants.
N'hésitez pas à me faire des remarques, des critiques pour me permettre d'améliorer mon enseignement : envoyez-moi un message !
Les anciens élèves pourront parfois noter une légère différence avec le document distribué en cours. Les documents diffusés ici ont en effet fait l'objet d'une première révision afin d'intégrer les enseignements de l'expérience du cours en situation réelle.
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Cette année-là, j'ai choisi de commencer le cours de philosophie par une initiation à la démarche socratique, afin de faire comprendre le sens même de la démarche philosophique. J'ai complété cette approche par l'analyse d'un texte de Pierre Hadot sur la conception stoïcienne de la philosophie. Ces cours ne me semblent pas trop mauvais, mais ils demandent beaucoup trop de temps, alors que la notion même de philosophie n'est plus au programme des terminales.
Quelques textes sur la philosophie, que je n'ai finalement pas utilisés.
La notion du désir a été abordée à partir de la question de la place du désir dans l'explication de l'action. Ce cours est très fortement lié à des problématiques liées à ce que l'on appelle la philosophie analytique (distinction entre les causes et les raisons, entre les raisons internes et les raisons externes, notions de psychologie populaire, de raisonnement pratique, théorie humienne de la motivation, le problème moral selon Michael Smith, etc.) Ce type d'approche de cette notion me semble toujours pertinent en soi, mais du point de vue de l'enseignement de la philosophie en terminale, il me semble malheureusement trop loin du type de sujets qui peuvent tomber au baccalauréat sur cette notion. Mon approche était également certainement trop technique et trop précise pour des élèves de terminale.
Le cours sur le bonheur est lui aussi fortement ancré, surtout dans la deuxième partie, dans des problématiques liées à la philosophie analytique. Je fais usage notamment dans ce cours de la distinction de Derek Parfit entre les théories hédonistes, les théories de la satisfaction des désirs, et les conceptions de la liste objective (cf. Reasons and Persons, appendice I). La structure de ce cours me semble toujours pertinente. Il faudrait surtout revoir, il me semble, la première partie du cours : je prends trop de temps à essayer de définir précisément le concept de bonheur.
Le cours sur la morale était assez dense. La première partie envisageait la question de savoir ce qui caractérise un jugement moral par rapport à d'autres types de jugement. Dans la deuxième partie, la question était de savoir s'il y a une vérité en morale. Tout ce travail me semble maintenant beaucoup trop technique !
Deux tentatives d'approche des devoirs type bac. Dans mon corrigé sur la dissertation « Faut-il douter de tout ? », j'ai utilisé les « schémas en arbre » de Pierre Blackburn (cf. La logique de l'argumentation). Cette manière de présenter les argumentations me semble très intéressante, surtout pour les corrigés, ou bien pour des fiches récapitulatives. En revanche, le travail sur le texte de Descartes ne me semble pas très adapté. Il y a des points qui pourraient être repris (c'est la raison pour laquelle je présente quand même ce travail, malgré tous ces défauts), mais l'ensemble décompose trop le texte, et l'analyse logique de l'argumentation de Descartes est trop complexe pour des élèves de terminale.
Cette année-là, j'ai choisi de commencer le cours de philosophie directement par une première approche de la notion de problème philosophique et par une première approche des exigences propres à la philosophie : définir, argumenter, problématiser. Partir de la notion de problème philosophique me semble pertinent, en revanche vouloir tout de suite exposer les principales exigences en philosophie ne me semble maintenant pas adapté.
Mon cours sur le bonheur était structuré ainsi :
1°) Construction progressive de l'idée que le bonheur semble être le but fondamental de l'existence (à partir de la notion d'action, puis de l'idée que les actions seraient motivées par des désirs [théorie humienne de la motivation], qui eux-mêmes seraient tous orientés vers une seule fin : le bonheur).
2°) Définition du concept de bonheur comme état qui nous fait porter un jugement favorable sur la vie. Distinction entre le bonheur, le plaisir et la joie.
3°) Problème central du cours : le bonheur consiste-t-il dans le plaisir ? Examen de la position de Calliclès dans le Gorgias, de la conception épicurienne du bonheur, et des critiques de l'hédonisme (la machine à expérience de Nozick, l'idée que l'homme désire en fait essentiellement la puissance (texte d'Alain)).
4°) Remise en question du point de départ du cours : le bonheur est-il vraiment le but fondamental de l'existence ? Examen des conflits entre le bonheur et l'exigence de vérité, entre le bonheur et l'exigence de liberté, entre le bonheur et l'exigence morale.
J'avais choisi cette question comme fil directeur d'un cours. Ce cours permettait d'envisager en partie les notions de société, d'État, d'échange, de morale, de culture, de désir et d'interprétation. Le cours était structuré ainsi :
1°) Distinction de différents types d'action à partir de la typologie de Max Weber (actions traditionnelles, actions affectives, actions rationnelles en finalité, actions rationnelles en valeur). Identification de l'action par intérêt à un certain type d'action rationnelle en finalité. Examen plus précis des caractéristiques des autres types d'actions.
2°) Examen des arguments en faveur de l'égoïsme psychologique, et critique de ces arguments.
3°) Problème central du cours : la vie en société et le pouvoir politique sont-ils fondés sur l'intérêt ? Examen d'un texte de Pierre Nicole, de la tradition augustinienne, de l'analyse de la vie sociale à partir de l'hypothèse du péché originel, examen de la notion d'amour-propre, d'orgueil, et de la manière dont la vie sociale et la vie politique peuvent être dérivées à partir de là.
4°) Prolongement contemporain : examen de la possibilité de concevoir un égocentrisme virtuel, selon lequel l'intérêt ne serait pas un motif réel des actions, mais qui permettrait d'expliquer la persistance de certaines formes de comportements, dans la mesure où elles sont globalement dans l'intérêt de la personne. Examen des vertus et des limites de cette approche proposée par Philip Pettit (cf. Penser la société).
Ce cours portait à la fois sur la technique, le travail, la liberté, mais aussi en partie sur la culture et le langage. La structure du cours est la suivante :
1°) Analyse de la technique comme capacité de maîtrise : maîtrise théorique et maîtrise pratique, maîtrise de la nature et maîtrise de soi.
2°) Remise en cause de cette capacité de maîtrise : l'ouvrier et l'utilisateur sont dépossédés de tout savoir technique (Simondon, contra l'idée de maîtrise théorique), la technique externalise la puissance de l'homme au risque de le déposser de ses puissances propres (Rousseau, comparaison de l'homme sauvage et de l'homme civilisé, contra l'idée de maîtrise pratique), la technique est productrice de risques et d'accidents nouveaux (Virilio, contra l'idée de maîtrise de la nature), la production des objets techniques implique des formes de travail aliéné (Marx, contra l'idée de maîtrise de soi).
3°) Dépassement de la conception de la technique simplement à partir du point de vue du consommateur ou du producteur. Les objets techniques ne sont pas simplement des objets que nous produisons et que nous utilisons. Les objets techniques définissent des formes de vie, qui nous constituent en partie. Examen de cette idée à travers trois aspects : les objets techniques fonctionnent aussi à un niveau symbolique (Pierre Clastres, exemple de l'arc et du panier dans la société Guayaki), la valorisation des objets techniques et de la technique peut en venir à ériger en norme absolue la fonctionnalité dans tous les domaines et peut masquer le sens véritable des exigences de liberté et d'égalité (Baudrillard), certains objets techniques comme la télévision peuvent modifier notre rapport même aux choses (Debray)
Le cours adoptait la progression suivante :
1°) Examen de l'idée qu'une loi juste est une loi acceptable par tout être raisonnable. Analyse de la théorie de la justice de Rawls.
2°) Examen de l'objection du libertarisme. Analyse de la notion de propriété de soi, et de la possibilité d'établir un droit de propriété sur les choses à partir de la propriété de soi. Analyse de l'argument « Wilt Chamberlain » de Nozick, et critique de cet argument (notamment dans le cadre du libertarisme de gauche).
3°) Examen du républicanisme de Philip Pettit, et de l'idée qu'une loi juste est une loi qui permet de « maximiser la non-domination ». Analyse de l'exemple du C.P.E. (Contrat Première Embauche) dans cette perspective-là.
Mon cours sur l'inconscient était structuré autour de la distinction entre deux formes de l'inconscient : l'inconscient freudien et l'inconscient cognitif. Il était centré sur l'examen de la question de l'autorité de la première personne : suis-je le mieux placé pour me connaître moi-même ?
Après avoir analysé les enjeux de cette question, et essayé de comprendre le fondement philosophique de l'idée de l'autorité de la première personne en partant de la philosophie de Descartes, le cours procède à l'analyse de l'inconscient freudien.
Deux difficultés sont ensuite soulevés : 1°) l'objection de Popper selon laquelle la psychanalyse s'immuniserait contre la critique, en interprétant la critique elle-même comme une confirmation de la psychanalyse, et 2°) la question de savoir sur quoi se fonde l'interprétation que propose le psychanalyste.
Le cours envisage enfin une deuxième forme de l'inconscient : l'inconscient cognitif, c'est-à-dire l'idée qu'il y aurait des états et des processus mentaux de traitement de l'information, dont le sujet n'aurait pas conscience. Le travail sur l'inconscient cognitif se fait à partir de l'analyse de quatre exemples : l'effet Stroop, la tâche aveugle, le cas de l'héminégligence, et les cas d'amorçage.
Le cours était centré sur la question suivante : « Croire en l'existence d'un dieu, est-ce rationnel ? ».
Pour bien faire comprendre les enjeux, le cours commence par la question de savoir si l'on peut distinguer la croyance en l'existence d'un dieu, de la croyance en des fées, au père Noël, en des jedis (cf. recensement en 2001 dans certains pays), en un monstre spaghetti qui aurait créé l'univers (cf. le pastafarisme), en une licorne rose invisible, ou encore en une petite théière chinoise tournant autour du Soleil entre la Terre et Mars (cf. Russell's teapot).
Deux arguments en faveur de l'existence d'un dieu sont examinés (Argument téléologique et argument cosmologique). Analyse des critiques que l'on peut faire à ces arguments.
Trois arguments à l'encontre de l'existence d'un dieu sont examinés (argument du mal, argument naturaliste, argument de la meilleure explication de la croyance religieuse à travers l'exemple de l'explication psychanalytique de la croyance en un dieu). Examen des limites de ces arguments et du rapport entre la foi et la raison.
Conclusion : les croyances religieuses doivent surtout être évaluées du point de vue de leurs effets, et du point de vue éthique. Analyse de la notion de laïcité.
Le cours sur l'art était centré sur la question de l'objectivité des jugements esthétiques. La structure du cours est la suivante :
En introduction, le cours examine la possibilité que les jugements esthétiques ne soient que le signe d'une volonté de distinction sociale, ou simplement l'expression d'une préférence particulière.
1°) Examen de la question de la définition d'une œuvre d'art, pour arriver à la question de savoir quand est-ce qu'une chose fonctionne comme œuvre d'art (Nelson Goodman). Analyse de l'idée qu'il est nécessaire qu'une chose soit perçue sous un mode esthétique pour qu'elle puisse fonctionner comme œuvre d'art. Analyse de la spécificité de la perception esthétique (Jerome Stolnitz). Analyse d'un exemple de jugement esthétique (Heidegger sur les Souliers aux lacets de Van Gogh)
2°) Analyse de la position du réalisme esthétique (Pouivet). Analyse de l'idée que la perception esthétique offre une véritable jouissance, qui ne relève pas de l'agréable (Kant).
J'ai travaillé cette année sur Popper, et plus précisément sur la Logique de la découverte scientifique, chap.1, §§1-3. Ce cours me semble maintenant beaucoup trop ambitieux, et trop technique pour des élèves de terminale, il faudrait le simplifier.
Quelques propositions de corrigés : 1°) À quoi bon agir moralement ? 2°) Faut-il consulter sa raison pour bien agir ?, 3°) sujets du bac ES 2007, 4°) sujets du bac S 2007.
Quelques textes choisis sur cette notion, principalement autour de la question suivante : « L'histoire est-elle une science ? »
Quelques textes choisis sur cette notion, principalement autour de la question suivante : « Y a-t-il des limites à la connaissance scientifique du vivant ? »